Ma Ferme . Bio

Maraîchage pour vendre vs jardin pour toi : c’est pas la même game (et c’est correct)

On va mettre quelque chose au clair tout de suite : t’as pas besoin de “te partir une ferme” pour avoir le droit d’aimer la terre, d’aimer la permaculture, ou de vouloir manger tes propres légumes.

Mais faut aussi se dire la vérité :
👉 maraîcher pour vendre et jardiner pour toi… c’est deux jeux différents.

Les deux sont beaux. Les deux peuvent être “bio sans police”.
Mais si tu mélanges les objectifs, tu vas te faire mal à la tête pour rien.


1) La différence principale : ton “client” change tout

Si tu produis pour toi (autoproduction)

Ton client, c’est toi. Tu peux :

  • manquer une semaine,
  • changer d’idée,
  • tester des affaires,
  • faire “à ton rythme”.

Le but, c’est : manger mieux, apprendre, avoir du plaisir, améliorer ton sol.

Si tu produis pour vendre (maraîchage)

Ton client, lui, s’en fout un peu de ta semaine difficile.
Il veut :

  • de la constance,
  • une certaine qualité,
  • une certaine fiabilité.

Le but, c’est : produire régulièrement, livrer, être organisé, tenir une saison.

Et ça ne veut pas dire “industriel” ou “chimique”. Ça veut dire : stable.


2) Les 3 pièges classiques quand on apprend sur YouTube

J’adore YouTube. Sérieux. Il y a du monde qui font ça très bien.
Mais YouTube a un effet secondaire : ça donne l’impression que tu peux faire 40 affaires à la fois… dans la vraie vie.

Piège #1 : trop de projets en même temps

Serre, poules, compost, hugelkultur, verger, semis, irrigation, paillage, champignons…
C’est beau, mais c’est comme démarrer 12 startups le même mois.

Remède : une saison = une base solide. Le reste, tu ajoutes après.

Piège #2 : l’eau, toujours l’eau

En vidéo, l’eau est magique. On dirait qu’elle est toujours là.

En vrai, au Québec :
si tu n’as pas un système clair, tu vas arroser au seau, te brûler, puis abandonner en juillet.

Remède : règle l’eau avant de rêver aux tomates.

Piège #3 : croire que “le sol va se réparer tout seul”

Oui, le sol s’améliore. Mais pas parce que tu l’aimes fort.
Il s’améliore parce que tu fais des gestes simples, répétés :

  • couverture,
  • matière organique,
  • rotations,
  • pas de sol à nu.

Remède : 2–3 habitudes simples valent plus que 10 concepts.


3) La version simple qui marche (autoproduction)

Si tu veux produire pour toi, sans te faire un deuxième emploi, je te donne un plan réaliste :

Étape 1 — Choisis peu de cultures, mais des “winner”

Tu veux des choses qui donnent au Québec, sans drame :

  • verdures (laitues/épinards/mesclun)
  • radis
  • haricots
  • courgettes
  • tomates (si tu as soleil + arrosage)
  • ail (super bon “projet long”)
  • fines herbes (ça sauve les repas)

Objectif : récolter souvent, pas impressionner Instagram.

Étape 2 — Mets-toi un arrosage propre

Même un système simple (tuyau + minuterie + goutte-à-goutte) change ta vie.
Si tu dois “penser à arroser” tous les jours, tu vas oublier. C’est humain.

Étape 3 — Protège ton sol (pas compliqué)

  • paillis (paille, feuilles, broyat)
  • compost
  • couverture
  • moins de sol nu

Tu n’as pas besoin d’un manifeste. Tu as besoin de constance.


4) La version simple qui marche (maraîchage pour vendre)

Si tu veux vendre, tu peux garder l’esprit permaculture / bio sans police, mais tu dois ajouter une chose : l’organisation.

Le bon départ “pro”

  • 1 canal de vente principal (paniers OU marché OU kiosque)
  • 8 à 15 cultures max
  • une routine d’entretien (sinon c’est le désherbage qui décide)
  • un système d’eau fiable
  • un plan de récolte/conditionnement (même simple)

Le but de la première saison : livrer quelque chose de régulier. Même petit.


5) Le point commun des deux mondes : tu veux un terrain qui te respecte

Peu importe ton objectif, ton terrain doit être :

  • arrosable,
  • accessible,
  • au moins gérable,
  • et pas basé sur une entente floue si tu n’es pas propriétaire.

Si tu n’as pas ça, tu vas mettre de l’énergie à te battre contre le décor, au lieu de cultiver.


6) Où la permaculture fit là-dedans (sans religion)

Permaculture, dans le bon sens, c’est :

  • observer,
  • réduire le travail inutile,
  • favoriser le vivant,
  • bâtir quelque chose qui tient.

Ça peut être super bon.
Mais si tu l’utilises comme une excuse pour ne jamais planifier, tu vas juste te retrouver avec un beau terrain… et pas tant de bouffe.

Je résume ça en une phrase :
👉 “Moins d’idéologie, plus de récoltes.”


En conclusion

Si tu veux produire pour toi : garde ça simple, récolte souvent, améliore ton sol tranquillement.
Si tu veux vendre : garde ça simple aussi… mais ajoute de la constance et de la structure.

Dans les deux cas, t’as le droit d’aimer ça.
Mais fais-toi un cadeau : choisis ton jeu avant de commencer la partie.


À venir sur maferme.bio/

On va aussi faire une section “Vu sur YouTube (Québec)” : pas pour copier des recettes, mais pour trier ce qui est bon, recontextualiser au climat d’ici, et éviter les pièges de démarrage.

 

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