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Article 8 — Main-d’œuvre : solo, famille, amis, employés, stagiaires (comment organiser ça sans t’écraser)

On va se le dire : au début, la main-d’œuvre c’est pas “combien de personnes je peux engager”.
C’est plutôt : comment je fais pour que le projet avance sans que tout repose sur moi.

Parce que quand tu es tout seul, la ferme (ou le jardin) va à la vitesse de ton dos… pis de ta motivation.

La bonne nouvelle : peu importe ton niveau, tu as des options.
La moins bonne : si tu n’organises pas un minimum, même 10 personnes vont te ralentir au lieu de t’aider.


1) Avant de parler de monde : clarifie ton “niveau de projet”

Projet A — Autoproduction / jardin pour toi

Objectif : récolter, apprendre, avoir du plaisir, manger chez vous.
Main-d’œuvre : toi + coups de main.

Projet B — Maraîchage (vente)

Objectif : constance, qualité, livraisons, routine.
Main-d’œuvre : toi + aide régulière (employés/étudiants) + structure.

Les deux sont corrects. Mais l’organisation n’est pas la même.


2) La règle d’or (qui s’applique aux deux)

👉 Une tâche claire bat une personne motivée.

Si tu dis : “viens m’aider au jardin”, tu vas passer ta journée à expliquer.
Si tu dis : “paillage de cette planche-là, voici les outils, voici le résultat attendu”, là ça roule.


3) Si tu es SOLO : le plan qui évite de te brûler

Quand tu es seul, tu dois penser “système”, pas “effort”.

Tes 3 priorités

  1. Irrigation simple (sinon tu deviens esclave du boyau)
  2. Désherbage léger mais fréquent (pas un gros ménage aux deux semaines)
  3. Cultures limitées (8–15 max en vente; moins si autoproduction)

Ton vrai job

Ta job, c’est pas de travailler fort.
Ta job, c’est d’enlever les frictions : arrosage, outils, routine.


4) Pour un projet “pour toi” : famille, amis, voisins… oui, ça se fait

Quand tu fais un jardin pour tes besoins personnels, tu n’es pas obligé de tout faire seul comme un moine. Tu peux très bien avoir un coup de main : famille, amis, voisins, ados motivés, etc. Souvent, c’est même ça qui fait que le projet tient dans le temps.

Le truc, c’est de garder ça simple et clair :

  • une journée corvée (2–4 heures) vaut mieux que “viens quand tu peux”
  • une liste de tâches courte (3 à 5 tâches max)
  • des outils prêts (sinon vous perdez 45 minutes à chercher la pelle)
  • un mini-système : arrosage simple + coin récolte + coin compost

Et surtout : donne aux gens une job qui finit, pas une job “infinie”.
✅ “Pailler cette planche-là” = satisfaisant.
❌ “S’occuper du jardin” = punition.

Bonus : un jardin devient vite un projet social. Pis honnêtement, ça fait du bien.


5) Pour vendre : l’aide “à l’occasion” ne suffit pas

Si tu vends, tu vas vite comprendre : les légumes n’attendent pas.

Le problème avec “j’ai un ami qui vient quand il peut”, c’est pas l’ami.
C’est la constance.

En vente, tu as des routines fixes :

  • plantation au bon moment
  • désherbage avant que ça explose
  • récolte aux bons jours
  • lavage/conditionnement
  • livraison

Donc tu as besoin d’au moins une aide régulière pendant les périodes critiques.


6) Embaucher 1 personne : le meilleur upgrade (si c’est bien fait)

Avant de rêver “équipe”, une seule bonne personne peut changer ta saison.

Le profil idéal (année 1–2)

  • fiable
  • aime le terrain
  • suit des consignes
  • pas besoin d’être expert, mais doit être constant

Le piège

Si tu embauches quelqu’un “pour t’aider”, mais que tu n’as pas :

  • tâches claires
  • outils prêts
  • routine
    …tu vas passer ton temps à gérer, pas à produire.

7) Les stagiaires : super utile… si tu as une structure

Les stagiaires, c’est une excellente idée quand :

  • tu veux former
  • tu as plusieurs tâches terrain
  • tu peux offrir un milieu où ils apprennent vraiment

Mais ça vient avec une réalité :
👉 un stagiaire, ça demande de l’encadrement.

Ce qui marche bien

  • un superviseur terrain (même toi, mais disponible)
  • des tâches “modulaires” (plantation, paillage, désherbage par zone)
  • des objectifs simples par semaine
  • un ratio raisonnable (si tu en as 10, il te faut une vraie structure)

Ce qui marche mal

  • “faites ce que vous voyez”
  • pas d’outils
  • pas de plan
  • pas de standards

Ça devient vite un camp de vacances… mais pas productif.


8) La méthode “chef d’équipe” (même si vous êtes juste 2)

Ça, c’est la clé : tu veux fonctionner comme un mini-chantier.

Début de journée (10 minutes)

  • météo
  • priorité du jour (1–3 objectifs max)
  • qui fait quoi
  • où sont les outils

Fin de journée (5 minutes)

  • qu’est-ce qui est fini
  • qu’est-ce qui reste
  • ce qu’on fait demain

Ça a l’air banal, mais ça sauve des saisons.


9) Faire aider “du monde” sans virer fou : 4 règles

  1. Une zone par personne (ou par duo)
  2. Un résultat attendu (“planche propre”, “paillis posé”, “rang planté”)
  3. Une limite de temps (sinon ça s’étire et tout le monde décroche)
  4. Un endroit où remettre les outils (sinon tu perds tout)

10) Exemple concret : organisation d’une corvée qui marche

Tu invites 4 personnes pour 3 heures.

Tu prépares :

  • outils sortis
  • paillis prêt
  • planches identifiées
  • eau accessible

Tu donnes 3 tâches :

  1. pailler 2 planches
  2. désherber 1 planche
  3. planter une série

Résultat : le monde repart content, toi tu as avancé, et tu n’as pas passé ton temps à expliquer.


Conclusion (vrai de vrai)

Peu importe ton projet : jardin ou vente… tu n’as pas besoin d’être une machine.
Tu as besoin d’un minimum de structure.

Le secret, c’est pas “plus de monde”.
C’est : moins de flou.


À venir (article 9)

Mise en marché au Québec : paniers, marchés, restos, kiosque — comment choisir sans te disperser, et comment fixer tes prix sans te sentir mal.

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