On finit la série “démarrage” avec le sujet que tout le monde veut éviter : l’argent.
Pas parce que c’est sale, mais parce que ça casse le rêve.
Sauf que… si ton projet ne survit pas financièrement à l’année 1–2, tu n’auras pas d’année 3 pour le rendre beau.
Ici, on parle pas de devenir riche. On parle de rester vivant, pis de bâtir quelque chose qui tient.
1) Le vrai ennemi : pas le budget, le cashflow
Le cashflow, c’est : est-ce que tu as de l’argent quand il faut payer?
Même si “sur papier” tu es rentable, tu peux mourir si :
- tu dépenses tout au printemps
- et tu encaisses juste plus tard
Printemps = dépenses. Été/automne = ventes.
C’est normal. Faut juste le prévoir.
2) Les 5 dépenses qui mangent les débutants
1) Infrastructure trop tôt
Serre, chambre froide, systèmes fancy… avant d’avoir validé ton marché.
2) Équipement “par excitation”
Gadgets, outils pro, accessoires “au cas où”.
Ça s’accumule vite.
3) Main-d’œuvre mal planifiée
Avoir de l’aide, c’est bon.
Mais si tu ne sais pas quoi leur faire faire, tu payes pour te compliquer la vie.
4) Intrants mal choisis
Acheter trop de semences, trop d’amendements, trop de “solutions”.
5) Temps perdu (qui devient une dépense)
Une ferme, c’est du temps.
Et le temps perdu, c’est un coût caché.
3) Le budget “minimum viable” (l’idée, pas un chiffre magique)
Ton budget de démarrage doit couvrir :
- arrosage fonctionnel (minimum)
- bacs/logistique récolte
- un coin lavage simple
- compost/paillis de base
- semences/plantules
- transport minimal
- un petit coussin pour l’imprévu
Le reste (serre, chambre froide, gros upgrades) vient quand tu as :
- une clientèle,
- une routine,
- et une saison qui a prouvé que tu peux livrer.
4) La stratégie “année 1 qui survit”
Je te donne la version courte :
- Commence plus petit que ton ego voudrait
- Choisis un canal de vente principal
- Limite tes cultures
- Évite les gros achats
- Investis dans ce qui sauve du temps (arrosage, bacs, organisation)
- Fais une saison complète, puis tu ajustes
Ton but année 1, c’est pas “être parfait”.
C’est d’avoir un système qui marche assez pour répéter.
5) Le calcul le plus simple pour pas te faire avoir
Pose-toi cette question :
“Si je vends X par semaine, est-ce que ça paie mes dépenses + me laisse respirer?”
Pas besoin d’un MBA.
Tu regardes :
- combien tu penses vendre (réaliste)
- combien ça te coûte (réel)
- combien de temps ça te prend
Si ça ne marche pas sur une feuille, ça ne marchera pas dans la boue.
6) Les erreurs qui tuent (vraiment)
Erreur #1 : “Je vais me reprendre plus tard”
Non. Le plus tard arrive quand tu es déjà brûlé.
Erreur #2 : “Je vais ajouter des produits pour compenser”
Ajouter des produits, ça ajoute de la complexité.
Souvent, ça empire le problème.
Erreur #3 : “Je veux faire ça comme les gros”
Tu n’as pas leur volume, ni leur infrastructure, ni leur système.
Fais ton modèle à toi.
Erreur #4 : “Je n’ai pas besoin de plan”
Tu vas te ramasser avec un projet qui dépend de ton humeur et de la météo.
C’est la recette parfaite pour décrocher.
7) Année 2 : le bon moment pour upgrader (mais intelligemment)
Année 2, tu ne doubles pas tout.
Tu corriges les goulots :
- Si tu perds des récoltes → meilleur stockage/fraîcheur
- Si tu manques de temps → outils qui accélèrent les tâches fréquentes
- Si tu manques de constance → planification/semis mieux structurés
- Si ton marché répond → tu augmentes doucement (pas x3)
👉 Upgrade = solution à un problème récurrent, pas un achat “motivational”.
8) Le vrai signe que tu es en train de réussir
Ce n’est pas “j’ai une belle photo de serre”.
C’est :
- tu récoltes chaque semaine
- tu as une routine
- tu sais où ça s’en va
- tu arrives à souffler un peu
Quand tu as ça, le reste devient une question de temps.
Conclusion (Québec vrai)
Le démarrage, c’est pas une course.
C’est une phase où tu apprends à faire simple, stable, répétable.
Si tu veux durer :
- garde ton cash pour ce qui compte
- évite les gros achats avant les ventes
- fais une saison complète
- ajuste en année 2
Est-ce qu’on a fini “sur ce sujet” ?
On a fini la série de base “démarrage” (1 à 10), oui.
Mais on n’a pas fini le sujet : après ça, on va faire des mini-séries plus ciblées, par exemple :
- ravageurs/maladies (Québec) — approche bio sans police
- serre/tunnels (démarrage sans se ruiner)
- rotations & planches permanentes
- conservation / transformation maison (autoproduction)
- maraîchage urbain / terrains prêtés / ententes
- fleurs, vivaces, pollinisateurs (le “beau qui sert”)
c’est à venir…



Participez !
Commentaires