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Article 4 — Plan de production (année 1) : quoi planter, combien, pis comment pas te noyer

OK. Là t’as un terrain “possible”, t’as une idée de ton modèle, pis t’as (idéalement) une base sur ton sol.
Maintenant vient le moment où tout le monde se plante : le plan de production.

Parce qu’un débutant motivé, ça fait toujours la même affaire :
il plante trop, trop varié, trop étalé… pis il finit avec :

  • des semis en retard,
  • du désherbage qui l’enterre,
  • des récoltes pas synchronisées,
  • et une fatigue qui donne le goût de vendre la grelinette sur Marketplace.

On va faire ça simple. Ton objectif année 1 : une saison complète qui tient debout.


1) Ton vrai objectif (année 1)

Pas “devenir une ferme”. Pas “tout produire”.
👉 Ton objectif, c’est répéter et livrer (à toi ou à tes clients) quelque chose de régulier.

Donc : peu de cultures, bien faites.


2) Choisis ton “menu” de départ (8 à 15 cultures max)

Tu veux des cultures :

  • qui donnent au Québec,
  • qui ne demandent pas une maîtrise Jedi,
  • qui se vendent / se mangent facilement.

Le panier de base (qui sauve des saisons)

Verdures & rapides

  • laitues / mesclun
  • épinards (printemps/automne)
  • radis

Les “payants faciles”

  • haricots
  • courgettes

Les “été solide”

  • concombres ou tomates (si eau + soleil; sinon choisis juste 1 des 2)

Les “racines si ton sol le permet”

  • carottes OU betteraves (si sol profond/peu compacté)

Les “projets long terme”

  • ail (planté à l’automne, récolté l’été suivant)

Tu peux ajouter 2–3 cultures “coup de cœur”, mais pas 20.


3) La méthode “pas de niaiseries” : 3 familles de cultures

Pour planifier sans table Excel de NASA, je te conseille de classer comme ça :

A) Rapides (2 à 6 semaines)

Radis, petites verdures, laitues (selon).
➡️ Tu peux en refaire plusieurs fois.

B) Continues (tu récoltes longtemps)

Haricots, courgettes, concombres, tomates.
➡️ Tu plantes, puis tu entretiens et tu récoltes plusieurs semaines.

C) Longues / structurantes (plus lentes)

Carottes, betteraves, choux (si tu veux), ail.
➡️ Ça prend du temps, et ça occupe de la place.

Ton plan année 1 devrait avoir :

  • 2–3 rapides
  • 3–5 continues
  • 2–4 longues
    Et c’est déjà beaucoup.

4) La question du “combien” (sans se tromper de grandeur)

Le piège, c’est de planter comme si tu nourrissais un village.

Si tu fais autoproduction (famille)

  • vise petit, mais constant :
    un peu de tout, mais en séries (au lieu d’un gros coup et plus rien)

Si tu vends (paniers/marché)

  • vise la régularité :
    mieux vaut 10 clients contents que 30 clients déçus.

Règle bon-enfant :
👉 Commence avec une surface que tu peux entretenir même quand t’es fatigué.
Le maraîchage, c’est pas difficile quand t’as de l’énergie. C’est difficile quand t’en as moins.


5) Les successions (le truc qui fait que tu récoltes tout l’été)

Au Québec, si tu plantes tout en même temps… tu récoltes tout en même temps.
Pis après, plus rien.

Donc tu fais des vagues.

Exemple simple

  • laitues : une petite plantation à toutes les 2 semaines (selon ton modèle)
  • radis : petits semis répétés
  • haricots : 2 semis espacés au lieu d’un seul gros
  • courgettes : souvent 1–2 vagues, pas 6

Le but : éviter le pic + la panne.


6) Ton calendrier de base (sans faire un cours)

Au Québec, on se fait souvent avoir par :

  • le printemps qui arrive “pas vite”
  • le gel tardif
  • puis l’été qui explose d’un coup

Donc ton plan doit avoir :

  • des cultures pour le début de saison
  • des cultures pour le plein été
  • une petite stratégie pour fin d’été / automne (selon ton terrain)

Et si ton terrain est en ville avec ombre saisonnière :

  • été OK, automne moins lumineux = c’est pas grave
    ➡️ tu mets ton “gros de production” sur l’été, et l’automne tu joues plus sur verdures tolérantes ou tu réduis.

7) Le nerf de la guerre : l’entretien planifié (sinon t’es mort)

Un plan de production sans plan d’entretien, c’est comme acheter un chien sans sortir dehors.

Les 4 routines qui sauvent un début

  1. arrosage structuré (pas “quand j’y pense”)
  2. désherbage léger mais fréquent (pas un “grand ménage” aux 2 semaines)
  3. paillis / couverture du sol dès que possible
  4. récolte/tri propre (sinon tu perds du temps et tu vends moins bien)

8) Plan de production “minimum viable” (exemple)

Si tu veux une base solide, voilà un plan simple (à adapter) :

  • 2 verdures : laitue + épinard (selon saison)
  • 1 rapide : radis
  • 2 continues : haricot + courgette
  • 1 “vedette été” : tomate OU concombre
  • 1 racine : betterave OU carotte (si sol OK)
  • 1 long terme : ail (automne)

Ça fait 8. C’est parfait.

Tu peux ajouter 2–3 affaires après, pas avant.


9) Le test final (si ton plan est bon)

Pose-toi ces questions :

  • Est-ce que je peux tout entretenir si je manque 3–4 jours?
  • Est-ce que mon plan dépend d’un arrosage “à bras” tous les soirs?
  • Est-ce que j’ai trop de cultures différentes à des moments critiques?
  • Est-ce que je sais quand je vais récolter, et où ça s’en va?

Si tu réponds “non / je sais pas” à la moitié : simplifie.


Conclusion (style vrai)

Ton plan année 1, c’est pas un concours.
C’est une preuve que ton projet marche dans la vraie vie.

Fais-le simple, fais-le stable, fais-le répétable.
Après ça… là tu peux “rêver plus grand” sans te casser la gueule.


À venir (article 5)

Fertilité en bio : compost, engrais verts, amendements — comment nourrir ton sol sans brûler ton cash (ni créer des déséquilibres).

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