Bon. Là on arrive à la partie qui fait peur à ben du monde : vendre.
Pis je te comprends. Parce que cultiver, c’est concret. Tu vois le résultat.
Vendre, ça touche l’ego :
“Est-ce que le monde va aimer ça?” “Est-ce que je charge trop?” “Est-ce que je me fais niaiser?”
On va faire ça simple, Québec réel : tu choisis un canal principal, tu le maîtrises, pis tu gardes un petit canal secondaire. Sinon tu vas passer ton été à courir après ton propre projet.
1) La règle d’or : 1 canal principal + 1 secondaire
Si tu commences, tu veux éviter le mode :
- paniers + marché + restos + kiosque + en ligne + autocueillette…
Ça a l’air ambitieux, mais c’est une façon élégante de te brûler.
👉 Un canal principal (là où tu mets ton énergie)
👉 Un petit secondaire (pour écouler le surplus, tester, dépanner)
2) Les 4 canaux de vente les plus “réalistes” en démarrage
A) Les paniers (CSA / abonnements)
Le bon côté :
- argent plus stable (souvent d’avance)
- tu construis une base de clients fidèles
- tu planifies ta production plus facilement
Le moins fun :
- tu dois livrer, semaine après semaine, même quand tu es fatigué
- tu dois gérer “la variété” (les gens aiment ça, mais ça complique)
- communication obligatoire (infolettre, messages, etc.)
Bon pour toi si :
tu aimes la routine, tu veux une base stable, et tu peux livrer régulièrement.
B) Marchés publics
Le bon côté :
- bon volume possible
- prix souvent meilleurs que le gros “en vrac”
- tu rencontres du monde, tu bâtis ta réputation
Le moins fun :
- c’est du temps (transport + montage + vente + démontage)
- tu dois arriver “beau et prêt”
- si tu manques de stock, tu as l’air vide (pis ça parait)
Bon pour toi si :
tu as une bonne énergie sociale, et tu peux produire assez pour remplir une table.
C) Kiosque à la ferme / vente sur place
Le bon côté :
- simple : pas besoin d’aller partout
- très bon si tu es sur un axe passant
- ça peut être low-tech au début (frigo, table, caisse)
Le moins fun :
- si personne ne passe… personne n’achète
- horaires / gestion du vol (selon le modèle)
- ça marche mieux avec une offre régulière
Bon pour toi si :
tu es bien situé, ou tu peux attirer du monde naturellement (tourisme, voisinage, etc.).
D) Restaurants
Le bon côté :
- parfois meilleur prix
- tu peux vendre des produits “spécifiques” (fines herbes, verdures top, etc.)
- relation stable si tu es fiable
Le moins fun :
- ils veulent de la constance (et ils ont raison)
- factures, livraisons, communications
- si tu manques une semaine, ils se remplacent vite
Bon pour toi si :
tu es organisé, tu peux livrer, et tu veux une clientèle plus “pro”.
3) Comment choisir ton canal principal (mini-grille honnête)
Réponds sans te mentir :
- T’aimes parler au monde? → marché peut être bon
- T’aimes une routine stable? → paniers
- Tu veux éviter le transport? → kiosque
- T’aimes la précision + fiabilité? → restos
👉 Choisis ce qui match ta personnalité, pas juste “ce qui a l’air cool”.
4) Le pricing sans malaise (et sans te tirer dans le pied)
On va dire une affaire : si tu vends à un prix qui ne respecte pas ton temps, tu vas finir par arrêter. C’est mathématique.
Les 3 erreurs classiques
- “Je veux être accessible” → tu te sous-paye
- “Je vais charger comme le supermarché” → tu perds (le supermarché a un autre modèle)
- “Je charge au feeling” → tu te trompes une semaine sur deux
Méthode simple pour débuter
- regarde les prix locaux (marché, fermes, paniers)
- place-toi dans une zone cohérente avec ta qualité
- ajuste après 2–3 ventes
Règle bon-enfant :
👉 Si tu es toujours gêné d’annoncer ton prix, c’est souvent que c’est trop bas.
5) La présentation (le secret qui vend sans parler)
Le monde achète avec les yeux. Même au Québec.
Ça veut dire :
- produits propres
- bacs beaux
- pas de légumes “fatigués”
- tri simple
Tu peux être “bio sans police” et quand même être propre et sharp.
6) Ton système de vente doit respecter ta production (pas l’inverse)
Exemples :
- si tu fais beaucoup de verdures → paniers/restos marchent bien
- si tu fais des grosses quantités d’une culture → marché/kiosque/gros volume
- si tu as peu de diversité → marché/kiosque plus facile que paniers
Ne choisis pas un canal qui t’oblige à devenir quelqu’un d’autre.
7) Le canal secondaire (la soupape)
Ton canal secondaire sert à :
- écouler les surplus
- tester de nouveaux produits
- sauver une semaine difficile
Exemples :
- Paniers (principal) + petit marché (secondaire)
- Marché (principal) + 2 restos (secondaire)
- Kiosque (principal) + paniers dans le voisinage (secondaire)
8) Le plan “année 1” que je recommande souvent
Si tu débutes et tu veux survivre :
- principal : marché OU paniers
- secondaire : kiosque/amis/restos (petit)
L’idée, c’est d’avoir un pilier… pas 6 obligations.
Conclusion (Québec vrai)
Tu n’as pas besoin d’être un vendeur né.
Tu as besoin d’un modèle simple qui te respecte.
Choisis un canal, deviens bon dedans, crée ta routine…
Pis l’année 2, là tu élargis. Pas avant.
À venir (article 10)
Budget & survie année 1–2 : cashflow, erreurs qui tuent, et comment rester vivant sans te ruiner en équipement.



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